RDC : la CPI préoccupée par les récentes violences préélectorales

ONU Info

Photo ONU/Rick Bajornas |La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, devant le Conseil de sécurité (archives).

20 décembre 2018|Paix et sécurité

La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, s’est dite « préoccupée par les tensions croissantes sur le territoire de la République Démocratique du Congo (RDC) et par le risque d’une escalade de la violence, qui pourrait déboucher sur la commission de crimes graves relevant de la compétence de la CPI ».

Dans un communiqué, la Procureure rappelle que la CPI a été créée pour poursuivre et juger les personnes accusées des crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale, à savoir le crime de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le crime d’agression. Fatou Bensouda signale que l’expérience dans d’autres pays a démontré que lorsque les esprits s’égarent lors d’élections et que les personnes n’agissent pas avec retenue, cela peut donner lieu à des crimes à grande échelle relevant de la compétence de la CPI. En pareil cas, son Bureau n’hésitera pas à prendre des mesures conformément aux critères définis par le Statut de Rome.

“La violence n’est pas une option”

Fatou Bensouda, Procureure de la Cour pénale internationale

« Quiconque incite à commettre des violences massives ou y participe notamment en ordonnant, sollicitant ou encourageant des crimes relevant de la compétence de la CPI ou en y contribuant de toute autre manière est passible de poursuites devant la Cour » a afffirmé la Procureure. « Nul ne doit douter de ma détermination à enquêter sur de tels crimes et à en poursuivre les auteurs lorsque les conditions telles que définies par le Statut de Rome sont réunies ».Pour Fatou Bensouda, les dirigeants politiques sont tout autant tenus de veiller à ce que le processus électoral et les élections se déroulent dans le calme et à ce qu’eux-mêmes, leurs partisans et sympathisants s’abstiennent de toute violence avant, pendant et après ces échéances. Comme la Procureure l’a indiqué dans ses déclarations précédentes et lors de sa visite à Kinshasa en mai dernier, son Bureau continuera, conformément à son mandat défini par le Statut de Rome, à surveiller de près l’évolution de la situation en RDC dans les jours et semaines à venir et recensera tout acte d’incitation ou de recours à la violence. Fatou Bensouda a réitéré son appel au peuple congolais, et plus particulièrement aux autorités, aux acteurs politiques, aux partisans et sympathisants, « de tout faire pour prévenir et éviter tout comportement de violence criminelle contraire au Statut de Rome, en tout lieu et en tout temps, soulignant que « la violence n’est pas une option ».