BONN : le chef de l’ONU appelle à davantage d’ambition, de leadership et de partenariats sur le climat

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Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP 23) à Bonn, en Allemagne. Photo: capture d’écran

15 novembre 2017 – S’exprimant à la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP 23) mercredi à Bonn, en Allemagne, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à plus d’ambition, plus de leadership et plus de partenariats pour lutter contre le changement climatique.

« Notre devoir – les uns envers les autres et envers les générations futures – est d’être plus ambitieux », a déclaré M. Guterres à l’ouverture du segment de haut niveau de la COP 23, auquel participaient également des chefs d’Etat et de gouvernement, dont le Président allemand Frank-Walter Steinmeier, la Chancelière allemande, Angela Merkel, le Président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre de Fidji, Frank Bainimarana, qui est également le Président de la COP 23.

« Nous devons faire plus dans cinq domaines d’action : les émissions, l’adaptation, le financement, les partenariats et le leadership », a ajouté le Secrétaire général.

La Conférence de Bonn, qui s’est ouverte le 6 novembre 2017, intervient un an après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris sur le climat.

170 Parties ont désormais ratifié l’Accord de Paris

Cet accord, qui a été adopté par les 196 Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en décembre 2015, appelle les pays à limiter la hausse des températures mondiales en-dessous de 2 degrés Celsius et à s’efforcer de ne pas dépasser 1,5 degré Celsius. Aujourd’hui, 170 Parties ont ratifié ce traité.

En ce qui concerne la réduction des émissions, le Secrétaire général de l’ONU a exhorté les pays « à utiliser la révision en 2020 des contributions déterminées au niveau national pour combler l’écart d’émissions d’ici à 2030 ».

Il a également souligné à quel point l’adaptation au changement climatique est indispensable. « Il est essentiel que nous nous adaptions et que nous renforcions la résilience », a-t-il déclaré, ajoutant que le Fonds vert pour le climat pourrait jouer un rôle de catalyseur à cet égard. Il a appelé ses membres, en particulier les pays bailleurs de fonds, à donner vie à ce mécanisme.

Alors qu’une plus grande ambition en matière de réduction des émissions, d’adaptation et de résilience « est inextricablement liée au financement », M. Guterres a souligné la nécessité de « mobiliser chaque année les 100 milliards de dollars annuels convenus pour les pays en développement ».

« Nous devons cesser de faire des paris sur un avenir non durable qui mettra l’épargne et les sociétés en danger », a-t-il ajouté. « Si nous prenons en compte les avantages économiques liés au fait d’éviter les effets dévastateurs du changement climatique, le produit intérieur brut en 2050 pourrait augmenter de 5% par an ».

Selon le chef de l’ONU, « le monde devrait adopter une règle simple : si les grands projets d’infrastructure ne sont pas verts, ils ne devraient pas recevoir de feu vert. Sinon, nous serons enfermés dans de mauvais choix pour les décennies à venir. L’investissement dans un développement respectueux du climat est là où l’argent intelligent est nécessaire ».

Appel au courage, à la sagesse et à la compassion

Le Secrétaire général a également souligné que les décisions nécessaires sur le climat nécessitent des coalitions d’action dans tous les secteurs. « Nous devons impliquer tous les acteurs – les gouvernements nationaux, régionaux et locaux, les philanthropes, les investisseurs et les consommateurs – dans la transformation vers une économie à faibles émissions de gaz à effet de serre », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne le leadership politique, il a encouragé les pays à faire preuve d’audace dans leurs délibérations et décisions à Bonn et chez eux. « Faites preuve de courage en combattant des intérêts enracinés. Faites preuve de sagesse en investissant dans les opportunités du futur. Faites preuve de compassion en vous souciant du monde que nous construisons pour nos enfants », a-t-il dit aux participants du segment de haut niveau.

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a rappelé de son côté que les décisions prises aujourd’hui « ne feront pas que nous affecter, mais aussi ceux qui viennent après nous ». « Si la planète a un avenir incertain à cause de nous, l’histoire ne nous pardonnera pas », a-t-il déclaré.

La Conférence de Bonn, qui s’achève le 17 novembre, s’est donnée pour objectif d’avancer dans l’élaboration du règlement d’opérationnalisation de l’Accord de Paris.

M. Guterres a salué l’organisation d’une série de sommets et de conférences sur le changement climatique avant le Sommet des Nations Unies sur le climat en septembre 2019, y compris le ‘One Planet Summit’ organisé par la France le mois prochain sur le financement, le Sommet en Californie réunissant les acteurs non-étatiques, et la COP24 à Katowice, en Pologne, en décembre 2018.