L’UNESCO « regrette profondément » la décision des Etats-Unis de se retirer de l’Organisation

Centre d’actualités de l’ONU

Siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, en France. Photographie: UNESCO

12 octobre 2017 – La Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a regretté jeudi la décision prise par les Etats-Unis de se retirer de l’Organisation.

« Je regrette profondément la décision des États-Unis d’Amérique de se retirer de l’UNESCO » a dit Mme Bokova dans une déclaration publiée après l’annonce du retrait des Etats-Unis qui a été officiellement notifié par une lettre du Secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson. « C’est une perte pour l’UNESCO. C’est une perte pour la famille des Nations Unies. C’est une perte pour le multilatéralisme », a-t-elle déploré.

 

Le chef de l’ONU, António Guterres, s’est également fait l’écho des regrets de la Directrice générale de l’UNESCO. « Le Secrétaire général regrette également profondément le retrait des États-Unis, compte tenu du rôle majeur que le pays joue à l’UNESCO depuis sa création », a déclaré son porte-parole, Farhan Haq, lors d’un point de presse au siège de l’ONU à New York.

 Au moment où la lutte contre l’extrémisme violent appelle à un renouveau des efforts pour l’éducation et le dialogue des cultures, il est regrettable que les États-Unis se retirent de l’agence des Nations Unies chargée de mener ce combat », a souligné la Directrice générale de l’UNESCO. « Au moment où les conflits continuent de déchirer les sociétés à travers le monde, il est regrettable que les États-Unis se retirent de l’Organisation des Nations Unies chargée de promouvoir l’éducation pour la paix et la protection de la culture ».

En 2011, Washington avait déjà suspendu sa contribution financière à l’UNESCO suite à l’admission de la Palestine en qualité d’Etat membre à part entière de l’Organisation. La Directrice générale avait alors rappelé que l’UNESCO et les Etats-Unis n’ont jamais été aussi importants l’un pour l’autre.

« Cette vérité est encore plus manifeste aujourd’hui, au moment où la montée de l’extrémisme violent et du terrorisme appelle à forger de nouvelles réponses à long terme pour la paix et la sécurité dans le monde, en luttant contre le racisme et l’antisémitisme, en combattant l’ignorance et la discrimination », a rappelé la chef de l’UNESCO.

La Directrice générale a rappelé que le travail de l’UNESCO en faveur de l’alphabétisation et de l’éducation de qualité, de la mobilisation des nouvelles technologies pour l’apprentissage, de la coopération scientifique, de la liberté d’expression, de l’autonomisation des filles et femmes et de l’appui des sociétés en situation d’urgence, face aux catastrophes et aux conflits « répond aux préoccupations du peuple américain ».

« Malgré la suspension de leur contribution financière depuis 2011, nous avons approfondi le partenariat entre les États-Unis et l’UNESCO, et celui-ci n’a jamais été aussi fort », a souligné Mme Bokova, citant pour exemple les nombreuses coopérations entre son organisation et le gouvernement américain ainsi que les entreprises, universités et organisations de la société civile américaines notamment dans la prévention de l’extrémisme violent par l’éducation et les médias, la lutte contre l’antisémitisme et la prévention des génocides, l’éducation des filles et le développement durable. « Le partenariat entre l’UNESCO et les États-Unis a été profond, car il s’est appuyé sur le fondement de valeurs partagées », a-t-elle rappelé.

Pour celle qui achève dans les prochains jours son mandat de huit ans à la tête de l’UNESCO, la mission de l’Organisation basée à Paris n’est pas terminée. « Nous continuerons d’avancer pour construire un 21e siècle plus juste, plus pacifique et plus équitable, et pour cela l’UNESCO a besoin de l’engagement de tous les États », a-t-elle rappelé alors que ces derniers procèdent actuellement à l’élection du prochain Directeur général.

Le retrait américain pourrait avoir « des effets négatifs sur l’important travail de l’UNESCO ».

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a également regretté la décision des États-Unis de se retirer de l’UNESCO, soulignant le rôle joué par l’organisation dans la construction de sociétés pacifiques, justes et équitables à travers l’éducation, les sciences, la culture et la communication.

« Le Président de l’Assemblée générale est préoccupé par le fait que la décision des États-Unis de se retirer pourrait avoir des effets négatifs sur l’important travail de l’UNESCO », a déclaré son porte-parole dans un communiqué. « (Il) souligne le rôle crucial joué par les États-Unis dans la coopération multilatérale et souligne la nécessité de continuer à participer aux travaux de l’UNESCO », a-t-il ajouté.

M. Lajčák a rappelé que les États-Unis ont contribué à la création de l’UNESCO en 1945 et qu’ils ont depuis utilisé sa voix et son rôle en tant que membre pour contribuer aux initiatives qui ont façonné le monde.

« Étant donné que les enjeux pour la paix n’ont jamais été aussi importants, le Président de l’Assemblée générale affirme que la coopération, le dialogue et les partenariats sont plus importants que jamais », a dit son porte-parole. « Il a hâte de s’engager avec l’UNESCO et les États-Unis dans la poursuite de cet objectif commun tout au long de la 72e session ».