Message du Secrétaire général de l’ONU publié à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés

Le 20 juin 2017

VIDEO: Message du Secrétaire général António Guterres. Crédit: Nations Unies

La Journée mondiale des réfugiés est une expression de solidarité avec les personnes qui ont été arrachées de leurs foyers par la guerre ou la persécution.

Selon les chiffres les plus récents de l’Organisation des Nations Unies pour les réfugiés, au moins 65,6 millions de personnes, soit 1 sur 113 membres de la famille humaine, ont été déplacées de force dans leur propre pays ou à travers les frontières.

Si la Syrie demeure la plus grande source de réfugiés, le Soudan du Sud est le pays où les nouveaux déplacements de population sont les plus importants et interviennent le plus rapidement, avec 1,4 million de réfugiés et 1,9 million de personnes déplacées, dont la grande majorité a moins de 18 ans, ce qui constitue un nouveau revers pour les perspectives d’avenir de la plus jeune nation du monde.

Derrière ces chiffres élevés se profilent des histoires individuelles de situation tragique, de séparation et de perte; de voyages mortels entrepris en quête de sécurité; de luttes herculéennes pour reconstruire des vies dans des conditions difficiles. Il est affligeant de voir que les frontières se ferment, que les gens périssent en transit et que les réfugiés comme les migrants sont refoulés, en violation des droits de l’homme et du droit international. Le coût humain est exorbitant : des millions d’emplois perdus, des millions d’enfants brutalement déscolarisés et des vies hantées par le traumatisme et l’intolérance.

J’ai appelé à une résurgence de la diplomatie pour la paix afin de prévenir l’émergence et l’escalade de nouveaux conflits et régler ceux qui ont déjà produit leurs effets catastrophiques. J’exhorte les États Membres à faire bien davantage pour protéger les personnes qui fuient afin de sauver leur vie, renforcer le régime de protection internationale et trouver des solutions pour que les personnes ne soient pas condamnées à vivre dans l’incertitude pendant des années.

La Déclaration de New York, adoptée il y a neuf mois, décrit une approche globale et équitable pour régler le problème des réfugiés et de la migration, en s’appuyant sur les lois et les pratiques établies de longue date. La campagne « Ensemble » lancée par l’Organisation des Nations Unies offre une plate-forme pour promouvoir le respect, la sécurité et la dignité des réfugiés et des migrants, et surtout, pour renforcer la cohésion sociale et changer les faux discours négatifs qui compliquent les problèmes que rencontrent les réfugiés et leurs hôtes.

Tout au long de l’histoire, des communautés vivant à proximité de zones de crise, ainsi que d’autres situées loin des lignes de front, ont accueilli des personnes déracinées et leur ont donné refuge, et les réfugiés les ont payés en retour. Près de 84 % des réfugiés que compte le monde aujourd’hui sont accueillis par des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire. Nous ne pouvons pas continuer de laisser un petit nombre de pays – souvent parmi les plus pauvres du monde – assumer cette charge à eux seuls.

Il ne s’agit pas vraiment de partager un fardeau. Il s’agit de partager une responsabilité mondiale, fondée non seulement sur le principe général de notre humanité commune, mais aussi sur les obligations particulières qui nous incombent en vertu du droit international.

Les problèmes fondamentaux, ce sont la guerre et la haine, et non pas les personnes qui sont obligées de fuir; les réfugiés font partie des premières victimes du terrorisme.

Au cours des dernières semaines et des derniers mois, j’ai rendu visite à des réfugiés et personnes déplacées en Afghanistan, en Somalie et ailleurs. En m’entretenant avec ces hommes, ces femmes et ces enfants, j’ai été impressionné par leur courage alors qu’ils ont vu leur vie totalement bouleversée. En cette Journée mondiale des réfugiés, nous devons tous tenter de nous mettre à leur place et défendre leurs droits et notre avenir commun.